jeudi 11 janvier 2007

Sexe au Maroc : A quand le premier sexe shop ?




Imaginez-vous si demain vous marchiez dans les rues des villes marocaines et que vous aperceviez une enseigne « Sexe – Shop ». Qu’en penseriez-vous ? Seriez-vous choqués ? Et pourtant un sexe-shop ne ferait que le plus grand bien aux marocains et marocaines, qui sont ceux qui possèdent l'une des sexualités les plus décevantes dans le monde.

D’après une enquête mondiale publiée dans Maroc Hebdo il y a quelques mois, 33% des hommes et 23% des femmes au Maroc ont déclaré être entièrement satisfaits de leur vie sexuelle. La journaliste donne de plus amples détails sur cette enquête :

« Pour être qualifiés pour cette étude, les interrogés, hommes et femmes, devaient avoir eu des rapports sexuels au moins une fois durant les 12 derniers mois. Au Maroc, 255 personnes (130 hommes et 125 femmes) ont répondu à cette enquête achevée en mars 2006. Ce qui fait d'emblée tiquer, c'est que seulement 55% des hommes et 46% des femmes ont fait montre de coopération. Pudeur, h'chouma, tabou socio-religieux, on peut trouver moult explications à ces réticences. Au pays des mille et un paradoxes, il faut croire qu'on ne parle pas aisément d'amour et de sexe, mais qu'on fait preuve d'une étonnante habileté dès lors qu'il s'agit de les mettre en pratique!».

En découvrant les statistiques de cette enquête , je dois avouer que j’étais incroyablement surprise. Vu la manière dont la majorité des marocaines se maquillent et s’habillent (jeans moulants, décolletés, talons aiguilles, strings dépassants et j'en passe et des meilleurs …) et vu dont certains hommes draguent, accostent et harcèlent même les femmes dans la rue, j’aurais pensé que les marocains et marocaines étaient les champions du sport en chambre et les gens les plus chauds de la planète. Mais en fait, ce n’est qu’un triste leurre. Encore une fois, on tombe sur les contradictions typiquement made in Morocco dans lesquelles il ne faut pas croire à ce que l'on voit. Les marocains et marocaines ne sont pas aussi chauds que l'on pourrait penser. Il faut, en fait, aller au Mexique pour trouver les grands dieux du sexe. Mais pourquoi ne sommes - nous pas, nous aussi, des bêtes de sexe ?

La première raison serait que les marocains et marocaines sont, disons le bien, frustrés. Et ça peut se comprendre. Pour la majorité des marocains et marocaines, évoquer juste le mot « sexe » est un tabou. Faire l’amour avec sa femme ou son propre mari serait limite un péché alors que l’Islam est la première religion qui encourage la sexualité et la recherche du plaisir dans le couple. Car le vrai problème c'est bien le manque de communication dans le couple. Ca serait tellement simple si l'un des époux ou amants demandaient à l'autre quelle position il voulait faire ce soir, quelles gateries, il voudrait recevoir etc. Parce que l'amour se fait à deux. L'amour n'est pas un acte égoïste. Il suffit de demander pour recevoir. Mais malheureusement, on vit dans un pays gouverné par des contraintes socio - religieuses lourdes dans lequel hchouma et manque de dialogue sont les mots clés. Au lieu de partager ses fantasmes et de discuter de ses envies sexuelles avec son conjoint, l’autre conjoint préférerait se payer une prostituée ou fricotait avec un collègue de travail ou une vieille connaissance pour accomplir ses fantasmes sexuels dignes des films X. Combien de fois ai-je entendu des hommes déclarer qu’ils n’utiliseront jamais de vibro-masseurs ou de gadgets avec leur femme car ils prétendent que leur femme n’est pas une « pute ». Cela veut dire qu’ils donneront du plaisir à une femme inconnue et qu’il paie de surcroît plutôt qu’à leur propre femme ! C’est ça la contradiction hallucinante de notre pays. Pourquoi ne pas prendre son pied simplement avec l’être aimé ?

Pour ce faire, afin de remédier au problème de frustration dans les couples marocains, je pense qu’il faudrait qu’un sexe-shop soit crée au Maroc. Oui, vous avez bien entendu. Un sexe-shop permettrait de démoraliser le sexe au Maroc et de le rendre moins "hchoumatique". Et pourtant, sachez le bien ce projet de création murit dans plus d'un esprit de marocains et de marocaines. Ca serait une vraie révolution sexuelle. Ou Révolution tout court. Des milliers de couples épiceraient certainement leur vie sexuelle et monteraient rapidement au septième ciel grâce à des gadgets achetés ou en apprenant à donner du plaisir à l'autre. Ce qui pourrait entre autre résoudre les problèmes érectiles, principal trouble sexuel des marocains.

Mais il ne faut pas avoir peur des sexe-shops. Très souvent, on en a une image d'un endroit fréquenté par des sadiques ou obsédés sexuels alors que ce n'est pas le cas. Je me souviens de la première fois où je suis entré dans un sexe-shop avec une amie à Paris. Je cherchais un cadeau original pour une amie qui allait se marier. Au départ, j'avais un peu honte, puis en fait je me suis rendue compte que c'était un magasin normal comme un magasin de lingerie mais en plus érotique. Il y avait des vidéos X, des chaussures à talons aiguilles, des dessous ultra sexy, des magasines et des livres sur le Kama - Sutra...Pleins de choses à découvrir qui méritaient le détour. La vendeuse était extrêmement gentille et serviable. Elle était vétue d'une tenue courte et sexy avec un maquillage assez provoquant. Elle a demandé quel était mon budget pour le cadeau et m'a proposé une paire de menotte léopard pour 15 euros. J'ai tout de suite craqué. Elles avaient un toucher doux et étaient hyper sex. J'imaginais tous les jeux que mon amie pourrait jouer avec son mari. Tous les jours, des milliers de couples visitent les sexe-shop en France ou ailleurs pour voir quelles sont les dernières nouveautés en matière de sexe. Choisir un godemichet à deux peut être un vrai plaisir et une bonne partie de fou - rire et de complicité. On peut choisir ensemble la forme, la couleur, la matière et même la longueur. Ensuite, libre à vous d'exprimer vos fantasmes au lit.

Et pourtant. Le business du sexe, (non pas celui de la prostitution), celui du matériel sexe, vibreurs et autres jouets érotiques existent déjà dans notre pays. Marrakech, par exemple regorge de vendeurs sexe-shop clandestins. Il n'y a qu'à savoir où demander et d'ouvrir les yeux pour s'apercevoir que les godemichets et matos 100% sexe s'achètent au coeur de la ville ocre dans la plus grande discrètion. Donc les clients des sexe-shops existent déjà au Maroc. Par ailleurs, pour prendre son pied, il suffit de se rendre sur internet et d'y télécharger des films X ou même de commander des objets de plaisir via les multitudes de boutiques en ligne qui attirent énormément, il faut le dire, les clients des pays arabo-musulmans. Alors pourquoi se cacher ? Pourquoi autant d'hypocrisie ? Pourquoi ne pas avoir un sexe-shop en bas de sa rue dans lequel on pourrait acheter son vibro-masseur ou ses menottes comme si on achetait sa parisienne ou ses brioches dans la boulangerie du coin ?

En fait, le grand problème de notre pays c’est qu’à force de parler de sujets tels que prostitution et pédophilie dans la presse ou à la TV, (qui sont, je ne le nie pas des sujets importants dans notre société°), les marocains eux-même ne savent pas ce que plaisir et interdit veulent dire. Les frontières entre les 2 sont confuses. L’amalgame est très vite fait : on ne sait pas ce qui est moral de ce qui ne l’est pas. Alors on interdit massivement et rallie tout à la religion, qui soi-disant est censé résoudre les maux de notre socièté. Ainsi un sexe-shop serait tout de suite considéré comme un lieu de débauche et le propriétaire risquerait une peine de prison et une lourde amende. On le qualifierait très vite de proxénète ou de travailler pour Satan ou de n'importe quel autre démon !

Enfin, il faut garder les pieds sur terre et non les jambes en l’air et avouer qu’un sexe – shop ne risque pas d’apparaître demain dans nos villes. Comment voulez – vous qu’un sexe-shop existe au Maroc alors que les marocains ne sont pas sensibilisés au danger des maladies sexuellement transmissibles et que pour beaucoup le sida est encore une maladie d’homosexuels et de prostituée, créee par Dieu qui veut nous punir. En d'autres termes, comment vendre du plaisir si aucune prise de conscience n'est prise sur les dangers du sexe ? Car faire l'amour, c'est aussi savoir se protéger et même se méfier. Il faut, malheureusement prendre son mal ou plutôt son plaisir en patience et attendre que les mentalités évoluent et que les marocains connaissent les risques du sexe et la manière de s'en protéger.

Les sexe shops n’ont cependant pas dit leur dernier mot. Le jour où le premier apparaîtra, c’est sûr, il éclatera son chiffre d’affaire. Pour les amateurs ou pros des joujoux érotiques, il vous reste internet pour vous (réa)approvisionner.

Plaisir à suivre.

Lien Utile

http://www.doctissimo.fr/html/sexualite/mag_2000/mag0818/

se_2085_sex_shop.htm

Insolite : Des roses comme contravention...


Dans l’est de l’Inde, des policiers ont décidé de verbaliser des motocyclistes qui ne portaient pas de casque en leur offrant des roses rouges pour les sensibiliser sur le danger qu’ils encourent sur les routes. Cette campagne de sensibilisation a duré une semaine et plus de 100 personnes ont reçu ces contraventions fleuries.

La morale de cette jolie petite histoire est que vaut mieux recevoir des bouquets de roses tant que nous sommes en vie afin d’être sensibiliser aux dangers de la route que de recevoir ces fleurs sur sa tombe.